Quand j’ai annoncé ma deuxième grossesse, j’ai eu droit à beaucoup de réactions. De la joie, évidemment. Mais aussi, souvent, une petite question glissée avec un sourire poli : ” 7 ans d’écart avec la première, c’est avec un nouveau mari ?” Non… Ce n’est pas une famille recomposée, juste une famille ! Mon mari et moi, on est ensemble depuis 15 ans cette année. Dès le début, on s’imaginait avec deux enfants… jusqu’à avoir le premier ! Avec l’expérience, on s’est dit qu’on allait prendre notre temps. Sept ans, pour être précise (même si en réalité on aurait bien voulu que notre deuxième fille arrive un peu plus tôt, mais elle aussi, a pris son temps). Cet écart d’âge, je l’ai vécu comme quelque chose d’un peu à part, un peu à expliquer. Au début de ma seconde grossesse (que le docteur a nommé grossesse gériatrique, oui, à partir de 35 ans, tu n’es plus fraîche, c’est officiel) bref, j’ai épluché internet à la recherche de retours d’expérience sur ce grand écart d’âge entre deux enfants. J’en ai trouvé peu et certains vraiment pas rassurants. Alors voilà le mien. Et spoiler alerte : l’amour n’a pas d’âge !
Pourquoi 7 ans ? La vérité sur ce traumatisme des nuits
On adore être les parents de Livia. Livia, c’est notre première, que j’affirme sans la moindre objectivité être la petite fille la plus adorable du monde. Mais les nuits avec elle… quelle aventure.

Je crois qu’on a retrouvé de vraies nuits complètes quand elle avait 4 ans, le jour où on a enfin pu lui dire de rester dans sa chambre le soir, et tant pis si elle s’endormait tard. En résumé, on a laissé tomber l’idée de l’endormir vraiment. Rien n’y avait fait avant ça, pas les routines, pas les tisanes, pas les livres sur le sommeil de l’enfant qu’on avait tous les deux lus en cachant notre désespoir. Livia est un oiseau de nuit. Elle le sait. On le sait. Et faut dire qu’on sait de qui elle tient : mon mari et moi, on est pareils. Ma mère me racontait qu’une nuit, elle m’avait retrouvée endormie par terre dans la cuisine, on s’inquiétait un peu moins de ces choses-là à l’époque manifestement, heureusement pour moi !
Bref. On a fini par trouver notre équilibre familial à trois petit à petit. Et on a eu peur de le perdre. Peur de replonger dans ces années de fatigue accumulée, de nuits hachées, de ce brouillard doux-amer des premiers mois. L’amour pour un deuxième enfant était toujours là, l’envie aussi mais la peur était là aussi, bien installée. Et puis un jour, l’envie a été plus forte que la peur et on a foncé en gardant en tête tous les autres aspects fabuleux d’un enfant et tant pis pour les nuits.
La phrase qui m’avait brisé le cœur sur les fratries avec un grand écart d’âge
Pendant ma grossesse, j’étais tombée sur cette phrase quelque part :
“Avoir un deuxième enfant quand le premier a 7 ans ou plus, c’est comme avoir deux enfants uniques.”
Ça m’avait serré la gorge. L’idée que mes deux filles ne formeraient pas vraiment une fratrie, qu’elles grandiraient en parallèle sans vraiment se croiser, sans cette complicité qu’on imagine entre sœurs…
Aujourd’hui, avec un peu de recul, je comprends mieux ce que cette phrase voulait dire. Et je la nuance complètement. Oui, elles ne seront clairement jamais dans la même cours de récréation. Oui, elles ne traverseront pas les mêmes étapes en même temps. Mais “deux enfants uniques”, ça sous-entend deux enfants isolés l’un de l’autre et ça, ce n’est pas ce que je vois, pas du tout.

Ce qui s’est passé vraiment à l’arrivée de Victoria
Livia avait 7 ans quand sa petite sœur est née. À cet âge-là, une transition se passe autrement qu’à 2 ou 3 ans. Pas de régression, pas de grande jalousie. Elle était contente que la famille s’agrandisse, sincèrement contente, pas “contente parce qu’on lui avait bien expliqué”. Par contre, l’enthousiasme avait ses limites très clairement définies par elle-même. Toutes ses copines voulaient donner le biberon, changer la couche, jouer à la poupée vivante. Livia a donné le biberon… une fois. Au bout d’une minute, elle m’a tendu le biberon en me disant que ça l’ennuyait et que je pouvais finir à sa place. J’adore la franchise des enfants. J’aimerais tellement pouvoir être aussi directe. Elle a trouvé son propre rôle, à son rythme : faire rire le bébé, lui montrer des choses, l’amuser. Et c’est elle, avec son petit appareil photo, qui a filmé les premiers pas de Vickie. Ce moment-là, je ne l’oublierai pas ! Les deux étaient tellement fières en même temps, et moi aussi !
Le bonus que je n’avais pas anticipé
Petit à petit, leur complicité grandit. Différemment de ce que j’aurais imaginé, mais elle grandit. Et il y a un truc que je n’avais vraiment pas vu venir : les activités de bébé replongent la grande dans l’enfance. Les jeux au sol, les comptines, les petits trucs qui font rire un enfant de 2 ans. Livia s’y lance avec une joie totale. Comme si elle avait la permission de redevenir petite, le temps d’un après-midi. Dans un monde où les enfants grandissent trop vite, je trouve que c’est un cadeau pour elle aussi.

Les sorties en solo, un luxe que le grand écart rend naturel
Un truc que j’apprécie particulièrement avec cette différence d’âge : les sorties individuelles avec chacune deviennent complètement naturelles. Livia a 9 ans, Vickie a 2 ans, elles n’ont évidemment pas les mêmes envies, les mêmes besoins, les mêmes horaires.
Du coup, une soirée cabaret-cirque avec la grande (par exemple ihih) devient totalement normal. Pas besoin de justifier, pas de sentiment de culpabilité, pas d’enfant en bas âge à gérer à 22h. Pour Livia, ces moments seule avec maman c’est précieux, ça devient un vrai petit évènement.
Je n’ai pas encore organisé de vraie sortie “juste Vickie et moi” elle a 2 ans, et honnêtement on n’en est pas encore là. Mais ça viendra. Et je pense que Livia sera tout aussi contente car elle commence à vouloir son indépendance. Je me demande si c’est quelque chose que les parents d’enfants rapprochés vivent peut-être moins facilement ? Ils n’en ont peut-être pas l’envie ou le besoin.

Alors, 7 ans d’écart entre les deux bébés : bonne ou mauvaise idée ?
Je ne vais pas vous dire que c’est la configuration parfaite, parce que je ne connais pas les autres de l’intérieur. Mais en tout cas c’est celle qui nous correspond totalement. Ce n’est pas deux enfants uniques qui s’ignorent. C’est deux petites filles qui construisent quelque chose à leur façon, à leur rythme, avec leurs propres codes. Et moi entre les deux, épuisée mais émerveillée comme la première fois, mais avec un peu plus de sommeil, enfin, je crois !
Et vous ? Quel écart d’âge entre vos enfants si vous en avez plusieurs ? Comment ça se passe ?
7 ans d'écart entre mes 2 enfants, c'est grave docteur ?
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"Le bonheur vient de l’attention aux petites choses"
Dorine, 37 ans, vivant dans la campagne Aixoise au pied du Luberon. Chargée de communication, folle amoureuse des couleurs, du mouvement et des paillettes. Bienvenue dans ma carapace !
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